Christine Ockrent et Le livre noir de la condition féminine

Publié le par Sophie S.Nob

Des nouvelles des Femmes, « les plus pauvres, parmi les pauvres »…

Sous la direction de Christine Ockrent, plus de quarante contributeurs du monde entier ont participé à ce témoignage collectif par le biais d’articles, portraits, récits et synthèses d’études internationales. Son équipe de chercheurs, militants, journalistes, issus de diverses cultures, a dressé, en cinq grands thèmes (Sécurité, Intégrité, Liberté, Dignité et Egalité), un portrait de la condition féminine aujourd'hui.

Partout dans le monde, des femmes sont maltraitées, voire, dans de nombreux pays, n’ont pas les mêmes droits civils et sociaux que les hommes. Ce « livre noir » (qui n’est pas sans rappeler celui de Saddam Hussein) est aussi ponctué de touches d’espoir. Les femmes se battent pour instaurer plus d’égalité. Un ouvrage d’envergure, puisqu’il n'existait rien sur le sujet de la condition des femmes dans le monde, hormis les textes et les rapports des comités aux Nations unies, le plus souvent quasiment illisibles. Un portrait de femmes, pour une marche des femmes....

L’ouvrage au travers d’un petit tour du monde en 754 pages, recense et fait état des agressions perpétrées sur les femmes, parce qu’elles sont femmes. Excision, crime d’honneur, lapidation, viol, mariage forcé, violence domestique d’un partenaire intime, discrimination sexuelle, traite des femmes, tourisme sexuel, prostitution, iniquités dans l’accès à l’éducation, à la vie économique et politique, etc.

Les contributions permettent de voyager, « au royaume des femmes », des États-Unis à la Chine. Il est utile de rappeler que l’on assassine toujours 5 000 femmes par an, au nom de l’honneur souvent parce qu’elles sont coupables d’avoir été violées (!).

Que dire de cette Asie qui élimine physiquement la femme à sa naissance et où il manque 90 millions d’épouses ? Quid de cette Amérique centrale où on les assassine, donnant naissance à un mot nouveau: « le féminicide » ? Autre exemple : au Guatemala, un violeur peut se faire « pardonner » son crime s’il marie sa victime, évitant ainsi la prison. Une femme battue du même pays, ne peut elle, porter plainte, que si ses marques sont encore apparentes au bout de dix jours… En Afrique du Sud, pas mieux. C’est plus de 1,5 million de viols qui ont lieu chaque année ; sans compter l’excision dans certaines autres régions du nord continent. Difficile d'établir un hit-parade du pire, mais, surtout, partout, il y a une constante: d'entre les pauvres, « les femmes sont toujours les plus pauvres »…

Quelles avancées en Occident ?

Sur ce point, Christine Ockrent estime qu'il est «très important pour les plus jeunes de ne pas croire que tout est acquis». Le livre s'adresse donc aussi à «de jeunes femmes très ignorantes des combats qui les ont précédées et peu conscientes de la fragilité de tout cela». Pour la journaliste, la référence demeure tout de même les pays scandinaves, où toute une génération de femmes avance en politique. Sortant des frontières, elle pense d'ailleurs qu'en 2008, il faudra compter avec Hillary Clinton pour la présidentielle américaine. Et en ce qui concerne Ségolène Royal ?

Elle paraît moins certaine de la concrétisation de ce qui n'est encore qu'une hypothèse…

Pour le monde des affaires, Christine Ockrent donne cet exemple d'une loi qui contraint les entreprises en Norvège à compter 40 % de femmes dans leurs conseils d'administration. « Plus il y a de femmes dans des situations de décisions, plus elles font avancer le sort des femmes dans leur ensemble ». Et pour y arriver: l'école ! Allez les filles, on va plancher.

Certaines valeurs universelles devraient transcender les cultures, les coutumes et les traditions. Mais pour y parvenir, comme la journaliste le fait remarquer dans sa préface, «les femmes sont leur propre espoir, elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour changer la société ».

Un combat universel. Quand les droits des femmes s'améliorent, c'est l'humanité entière qui progresse...

Sophie S.Nob.

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